Après des semaines frénétiques à courir d'un atelier à l'autre, d'une réunion à l'autre, les vacances étaient les bienvenues.
Espérées, fantasmées.
Et le souci, c'est que parfois faut se méfier à trop attendre de quelque chose on finit par être déçue.

Et bien non.

En même temps, j'en entends d'ici dire qu'on ne peut pas être déçue avec le Golfe du Morbihan ... mais tout de même. Je partais méfiante.

Et puis non.
Les sucettes strawberry and cream sur le trajet, le décompte des kilomètres, l'odeur de la plage en arrivant, les pieds dans le sable, le soleil couchant le premier soir et tous les autres, les photos, les promenades sans fin sur les cotes, les fruits de mer, les crêpes, la tisane dégueulasse que j'avais pris pour un thé, la trop bonne brioche à moitié mangée avant d'arriver au camping, le chien qui croise un faisan sans le voir, l'eau froide, les coups de soleil, les coquillages ramassés, les puces de mer, les rochers, le soleil, l'abbatiale, le cimetière, les maisons "gram", les photos, le sourire de la demoiselle.

Bref, envolée la méfiance.

Et puis partir du Morbihan, se promener à Anger, visiter sur un coup de tête le château, se dire que c'est haut les remparts, que c'est immense la tapisserie de l'apocalypse, que peut être on l'a pas regardée dans le bon sens (c'est de famille, c'est comme les chemins de croix ...), fuir le groupe de vieux, errer un peu dans la ville et rejoindre l'hotel.

L'hôtel, le petit vieux qui nous accueille mais dont on interrompt l'émission télé, adorable, hors du temps, la chambre kitsch, avec le dessus de lit à fleurs, les tableaux aux cadres avec dorures, la grande salle de bain, les pivoines et le lilas en fleurs, les petits-dej gargantuesques, le matelas qu'on voulait rapporter avec nous.

Et finalement une journée au zoo de La Flèche, pour voir Glu (la petite saïmiri pas notre chieuse à quatre pattes ...), pour que le tigre fasse un peu peur à la demoiselle, pour approcher des maki catta comme jamais, s'émerveiller devant les lions blancs, chercher les loups à crinière, se moquer des suricates sous leur lampe chauffante, pour repartir plein de belles choses en tête.

Et le retour. Moins long que l'aller. Sans sucettes (c'est un scandale). Avec des hordes d'adolescents sur les aires d'autoroutes. Des supporter de rugby, drapeau fixé à l'attache caravane sur l'autoroute, des maison "gram" mais un peu près de la circulation. Et puis la grande ville, les lessives, mais encore un peu de vacances, des caramels, des photos à trier, du temps à égrener et une demoiselle qui grandit.

Pas déçue ...