Il y a des années où l'on court après les clients.
Et il y a des années où l'on en refuse.

Il y a des années où l'on se dit, tiens comme j'ai des matinées voir des journées tranquilles si je me faisais une expo, un ciné.
Et il y a des années où l'on se dit que l'abonnement au ciné est très loin d'avoir été rentabilisé.

Il y a des années où l'on trouve son nom dans le programme de Tout le monde dehors.
Et il y a des années où l'on travaille dans l'ombre.

Cette année je jongle avec 15 établissements.
J'en vois certains toutes les semaines.
D'autres tous les mois.
D'autres une fois par trimestre.
Et du coup entre les matins racontés et les après-midis de préparation je frôle le temps plein.
Le tout payé le tiers d'un SMIC. Vive l'auto-entreprise et les clients fauchés.

Et puis cette année, le nouveau directeur du centre social, dont je me méfie comme du lait sur le feu, a décidé de m'associer à un projet sur le quartier.
La MJC n'ayant plus pour mission de s'occuper des Cités Jardins (nos cités sociales à nous rien qu'à nous), le centre a tout récupéré et a monté un groupe de travail.
C'est parti pour la team "développement social".
On me donne donc 10h par semaine, pour travailler un peu sur le terrain avec deux minettes du centre.
Deux minettes qui au bout d'un mois ont disparu du paysage.
Un poste s'est libéré et zoup une en moins.
Tension au travail, arrêt longue durée et zoup licenciement une autre s'évapore.

Et vlan, comment se retrouver sans aucune expertise dans le domaine à développer le secteur social de tout un quartier en 10 heures par semaine.
Et vlan que je coordonne des projets avec quatre associations de quartier qui s'entendent plus ou moins.
Et vlan que je participe à deux réunions par semaine, plus des ateliers sur le terrain pour créer du lien. (se faire voler son téléphone portable en animation lecture, c'est créer du lien ? Oui? Non?)
Et vlan que je réponds à un appel à projet pour le conseil régional avec comme interlocuteurs des gens qui ont tellement l'habitude qu'ils ne pensent pas une seconde que c'est à mille lieux de ce que je fais d'habitude.
Et tout ça sans vraiment une assurance de pérennité dans mon statut.
Juste des heures de travail, bien plus que les 10 heures prévues.
Juste du stress et un vieux sentiment de solitude.
Juste une grosse envie de reconnaissance quand quelque chose fonctionne.
Juste des nuits très courtes et cette connivence entre mon radio réveil et moi à 4h du mat.

Jour de fête TLMD

 

 

 

Cette année, je travaille dans l'ombre mais j'irai bien faire un tour très loin, très seule au soleil ....