Dans les herbes folles

Un peu de tout et de rien sur moi et les autres ...

06 avril 2008

L'inspiration ...

Parce que parfois l'inspiration est pas là ...
Parce que le temps manque ...
Parce que la fatigue nous rattrape et les mots fuient ...

Alors on sert un plat tout prêt.
Enfin pas tout prêt.
Mais un plat mis de côté.
Fait il y a longtemps déjà.
Pour déguster plus tard.
Il date un peu.
Mais il est pas totalement périmé.



La liste

Sur ma liste des trucs que je dois faire pour être une grande, j'ai déjà pu rayer des trucs.

Alors bien sur, je raie pour de faux sur ma liste pour de faux parce que je sais pas encore lire et écrire, mais bon ...

D'ailleurs "apprendre à lire et à écrire", c'est une priorité sur ma liste. C'est le plus urgent. C'est simple, c'est mon objectif de l'année prochaine. Maman me dit que je peux aussi attendre tranquillement le CP comme tout le monde, mais bon ...

Par contre depuis deux jours, j'ai pu rayer " faire du vélo sans les petites roues". Toute seule, j'ai appris. Papylou a enlevé les petites roues, il m'a dit de patiner sur la pente douce et d'un coup j'ai donné des coups de pédales. En trois essais je faisais déjà le tour du parking. J'ai un peu consolé maman, elle est émotive. Mais j'étais pas peu fière. Surtout que Kentin ça fait déjà trois mois qu'il sait en faire, alors bon ...

Après faudrait que j'apprenne à "nager sans les brassards". Ça Kentin, il sait pas faire. Je sais pas trop comment ça marche. Je mets déjà la tête dans l'eau, je fais du grand toboggan, mais je sais pas trop comment on flotte. Dès fois, j'oublie que je ne sais pas nager, et je me dirige tranquillement vers l'eau sans les trucs oranges autour de mes bras, mais là il y a maman qui arrive en courant et qui me dit que "même pas en rêve je vais dans l'eau sans mes brassards". Après elle ajoute avec sa drôle de voix qui plaisante qu'elle a mis du temps à me fabriquer et qu'il faudrait pas abîmer la marchandise, mais je vois bien au fond de ses yeux que bon ....

Dans ma liste pour être grande, il y a aussi " me marier avec Kentin". Mais là, ça va être difficile parce qu'il a déménagé. Alors il me dit que c'est pas grave, qu'il va venir me voir en voiture, qu'on a qu'à donner des lettres au facteur il va les apporter jusqu'à nos maisons. Mais, j'ai comme dans l'idée que quand même, ça va pas faciliter notre mariage. Mais bon ...

Par contre, j'ai déjà trouvé ma robe de mariée, mais maman a pas voulu l'acheter pendant les soldes. Elle a dit que oui elle est très belle dans son genre mais qu'on avait le temps. Moi je dis ça, hein, c'était pour le côté pratique, mais bon ...

Pour être grande dans ma liste, il y a "devenir maman". Là encore maman me dit qu'on va peut être attendre encore un peu. Que papa a pas besoin de cheveux blancs supplémentaires dus aux soucis d'un statut de grand-père précoce. Pourtant, quand je vois comme maman rit et s'amuse avec moi, je vois pas trop où sont les soucis. Je trouve que c'est un métier rigolo, épanouissant comme elle dit, et puis moi ma maman, je l'aime beaucoup et elle m'aime beaucoup alors, comme métier je trouve ça sympa. Mais bon ...

En fait dans ma liste des trucs à faire pour être une grande, je trouve qu'il y a encore beaucoup de choses à faire. C'est un peu fatigant de grandir. Mais bon ....



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01 août 2007

Un autre ....

Parce que faut être honnête, je suis dans les pinceaux et la peinture et la tapisserie jusqu'au cou ...
Alors je dégainerais l'appareil photo après mais là je ressors les élucubrations nocturnes d'une maman en manque.

 

Le strudel aux pommes. 

La voisine, elle arrête pas d’appeler son petit fils «  mon petit strudel aux pommes ».
Je sais pas ce que c’est un strudel.
Quant aux pommes, je l’ai bien vu le petit garçon et j’ai comme dans l’idée qu’il est pas aux pommes.
Strudel peut être, je peux pas m’avancer, mais aux pommes sûrement pas. 

Je l’aime pas trop le petit fils de la voisine. Il pleure tout le temps, il est pas très beau et il a toujours le nez qui coule. Et il dit pas bonjour. Ni au revoir. Ni merci. 

Un jour, après avoir été coincées cinq étages avec la voisine et son petit fils hurlant dans l’ascenseur, j’ai demandé à maman ce que c’était un strudel aux pommes. 

Elle a ri. Elle m’a dit que c’était un très bon gâteau allemand ou peut être alsacien, qu’il faudrait qu’elle vérifie. Elle m’a dit aussi qu’elle avait la recette et que si je voulais, on pourrait en faire un ensemble.
Sur le coup, ça m’a paru une bonne idée, et puis j’ai repensé au petit fils de la voisine et soudain j’ai plus eu envie d’y goûter. 

Ma maman a du comprendre parce qu’elle s’est baissé vers moi, a pris un air très sérieux mais a utilisé sa drôle de voix qui plaisante et m’a affirmé qu’on allait quand même pas se laisser priver de bonnes choses par un machin braillard et peu ragoûtant qui ressemblait autant à un strudel que Papa à un hippocampe. 

Et c’est vrai que Papa , il peut faire plein de choses, mais l’hippocampe c’est pas son truc.

Posté par Mauvaiseherbe à 15:49 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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31 juillet 2007

Petit texte ...

Parce que comme ma louloutte, elle est loin de moi, forcément je pense à elle et je ne trouve pas le sommeil.
Alors je laisse aller la plume moderne, mes doigts s'égarent sur le clavier.
Je vous le livre, comme il m'est venu, sans prétention, il est trop tard dans la nuit pour en avoir.
Juste envie de partager ...



Je suis une fille

 Moi je suis une fille.
Une vraie.
Mes parents m’ont dit que mon prénom c’est un nom inventé.
Qu’en fait, mon prénom, c’est celui d’un vieux patriarche, un vieux monsieur qui a sauvé plein d’animaux dans un grand bateau en bois, mais que eux, ils ont rajouté un « e » à la fin pour faire fille.
Mais bon, je suis une fille.

 Je suis une fille, et un jour je ferai un métier de maman.
Ou un métier avec des vaches, je sais pas encore.
J’aimerais bien faire princesse aussi.
Ou chevalière.

J’aime bien jouer avec ma poupée.
Je l ‘ai appelé Coco.
Enfin, quand ils me l’ont offerte j’étais encore un peu un bébé et la première chose que j’ai dit en la voyant, c’est Coco, donc c’est resté.
J’aime bien jouer avec Coco, je la promène, je l’habille, je la punis quand elle dépasse les bornes.
Je joue beaucoup aussi avec mes playmobils dans mon bain.
Je fais des grandes histoires et maman rigole en disant qu’il faudrait que j’arrête de regarder des films catastrophes.

 Pourtant moi, je ne regarde que des dessins animés.
J’aime bien quand il y a des princesses et des mariages.
Et puis aussi des batailles et des chevaliers.
Et après je danse  la valse dans le salon dans les bras de papa et maman.
Ou je cours après le chat en criant qu’il faut tuer le dragon.
Il aime pas trop le chat.

 J’aime pas les insectes, mais j’aime bien les chats. Mon chat, surtout.
Papa et maman disent que quand on connaît le caractère de notre chat il vaut mieux aimer les frelons, mais bon ….

 Je suis une fille et j’aime bien le rose.
Ma robe préférée, elle est rouge et blanches avec des fleurs vertes.
J’ai des chaussures roses et des chaussures rouges mais je suis souvent en tongs et j’adore mes chaussures de marche. Très féminines dit mon papa.
J’ai un goût très sur, mais maman aime bien vérifier et elle dit que tant qu’elle paie, elle a un pouvoir de décision non négociable.

 Je suis une fille.
Je parle fort, je chante faux, je joue la comédie, je suis bavarde, j’ai les cheveux longs avec des nœuds dedans, je ne supporte pas qu’on me coiffe, je râle, je tombe, j’ai des bleus, je pleure, je ris, je joue au foot, je veux faire de la danse, je vais faire de la natation, je fais des câlins dans le lit de maman, je fais semblant de savoir écrire sur des feuilles de brouillon, je veux des jupes, je mets des pantalons, je joue aux petites voitures, je fais des pâtés de sable, je suis amoureuse, j’aime ma maîtresse, je mange mes légumes, je réclame des sucettes, je tire la langue, je suis curieuse ….
Je suis une fille

 

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15 juin 2007

Avant ...

Avant un pique-nique rapatrié à l'intérieur.
Avant une kermesse, des joies enfantines, des solidarités parentales.
Avant un dimanche de fête des pères avec le mien et celui de ma fille.
Avant tout ça, qui va m'emplir le coeur et la tête.

Voici un petit instantané de ma terrasse du mercredi.

Le 13 juin 2007    15h29

Un moineau vient de se poser sur ma table. Il a fait trois bonds et a sauté à terre. Le bruit de ses ailes, comme un petit frottement frénétique accompagnait un léger piaillement. Le soleil passe entre les deux tonnelles. l'arbre à côté de moi laisse pendre négligemment ses branches et offre ses feuilles. Il y a peu de vent, mais il rafraîchit légèrement l'atmosphère. Il fait toujours chaud, de rares piétons passent affairés, écrasés par la chaleur, le visage moite et rouge. La terrasse est vide. Seules quelques voitures circulent au rythme des feux. Quelques enfants jouent au ballon derrière moi. J'entends la balle crisser sur le gravier et les voix claires des joueurs. Un vélo passe, et croise une petite fille qui pousse une petite poussette rose. Le trottoir d'en face est à l'ombre, des messieurs complet-veston passe d'un immeuble à l'autre. Le quartier est calme. Les enfants s'éloignent en faisant rebondir le ballon sur le trottoir. Il est 15h34.

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06 juin 2007

Photographie ...

Aujourd'hui  -  15h41  - Avenue Jean Jaures

Pas de soleil. Mais un moineau piaille, têtu. Les voitures passent, ralentissent vers le feu. Les enfants ont déserté l'aire de jeux. Deux vieilles dames, élégantes, ont fini leur Gini et leur Badoit et discutent. Une paire de béquilles est appuyée sur la table. Ma tasse de thé est vide, juste accompagnée de mes mouchoirs et des deux gilets entremêlés sur la table. Le vent est tombé. Les passants remontent et descendent l'avenue, habillés léger mais prévoyant. Un petit insecte est entré dans mon paquet de mouchoir. Il cherche la sortie, labyrinthe sans fin. Monde hostile.
Il est 15h44. Je quitte la terrasse.

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21 août 2006

Petit texte ...

Un petit texte, comme ça, parce qu'on peut avoir des petites envies de flirts, des petites envies de séduction, et que comme la réalité ne suit pas forcément nos envies, il faut bien trouver un moyen de combler nos frustrations ....


                                                                                                                     ......


Celle que j’aime, elle revient les yeux un peu cernés et l’odeur de piscine lui colle tout de même à

la peau. Elle

a le sourire un peu las de ceux qui ont fait un bel effort, et ses cheveux sont encore mouillés sous le gel. Elle porte son sac sur l’épaule et prend sa fille par la main, et elle s’en va avec un petit signe de la main et un clin d’œil.

 

Celle que j’aime, je la croise parfois dans le magasin de ma copine, elle porte un parfum un peu désuet, vieillot, elle achète son thé russe, elle rougit quand elle m’aperçoit. Elle porte son sac sur l’épaule et prend sa fille par la main et quitte la boutique avec un petit signe de la main et un clin d’œil.

 

Celle que j’aime, je la vois de temps en temps dans la rue, riant avec une amie, des petites rides autour des yeux, cette chaleur dans le regard, dans ses gestes. Sa main qui se pose avec douceur sur le bras de l’autre, ou qui remet une mèche en place autour du visage de sa fille. Et puis elle porte son sac sur l’épaule, prend sa fille par le main et dit au revoir d’un petit signe de

la main. Mais

sans clin d’œil.

 

Celle que j’aime, elle est venue à un de mes spectacles, légèrement maquillée, elle a ri, elle a souri, elle m’a regardé dans les yeux, elle m’a applaudi. Et puis, elle m’a attendu, mais j’ai trop tardé, alors elle a porté son sac sur l’épaule, pris sa fille par la main et elle est partie sans petit signe de la main, sans clin d’œil. Mais avant de refermer complètement la porte elle s’est retournée une dernière fois.

 

 

 

Quand je retourne chercher ma fille, j’ai beau rester de longues minutes sous l’eau chaude, j’ai toujours les yeux marqués et l’odeur du chlore sur

la peau. Je

lui souris pour cacher la fatigue et pour qu’il ne voit pas que mes cheveux sont encore mouillés et tiennent mal sous le gel. Je m’éclipse vite et avant de qu’il ne comprenne mon embarras, je porte mon sac sur l’épaule, prends ma fille par la main, lui fais un petit signe et un clin d’œil et je m’en vais.

 

Je le croise parfois à la boutique de son amie. Elle est belle, jeune et soudain mon parfum, mon thé et son regard à lui sur moi semble me vieillir. Je rougis à l’idée de ce qu’il pourrait penser. Je porte mon sac sur l’épaule, prends ma fille par la main, lui fais un petit signe et un clin d’œil et je quitte l’échoppe.

 

Parfois, en ville, quand je suis avec une amie, que je ris, que je me sens libre de tout regard, je me surprends à souhaiter qu’il me voit, que ce bras que je sers soit le sien. Mais quand vient l’heure, je porte mon sac sur l’épaule, prends ma fille par la main, fais un petit signe de la main et m’éloigne de cette amie sans un clin d’œil.

 

Une fois, je suis allée à son spectacle. Un peu de maquillage, un autre parfum, j’ai pu le regarder, lui sourire et rire, sans que ce soit suspect. Je l’ai attendu, mais il n’est pas venu, alors j’ai porté mon sac sur l’épaule, pris ma fille par la main et sans un petit signe, sans un clin d’œil, je suis partie. Je me suis retournée une dernière fois et j’ai fermé la porte.

 

Celle que j’aime, un jour je lui prendrais la main, un jour je lui dirais que son parfum me plait, un jour j’irai nager avec elle, un jour je ferais autre chose que de courir à travers la pièce pour lui dire au revoir et la regarder partir.

 

Lui, un jour, je lui dirais « tu », je lui dirais qu’il a du talent, un jour je lui sourirais sans avoir peur de ce qu’il pense, un jour peut être je ne partirais pas.

 

Posté par Mauvaiseherbe à 22:35 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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